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Numasurf, la machine à voyager dans le temps

Je vous invite à un voyage dans les années 70 et une aventure dans les entrailles Un voyage culturel et visuel passionnant à tout point de vue. Tout d'abord, il y eu la découverte de la machine-outil, son aspect et son histoire. Et puis, il y a eu l'approche photographique à adopter, les choix techniques et le parti pris esthétique. fraisait donc surtout de l'argile.


J'ai été contacté par le Conservatoire National des arts et métiers (CNAM) / Musée des arts et métiers pour photographier cette belle Numasurf, qui a récemment refait surface.



Pierre Bézier (1910-1999) est le père du système UNISURF, qu'il a conçu pour la Régie Renault à la fin des années 60. Il s'agit tout simplement du premier système de conception numérique.

Le système UNISURF et la machine-outil Numasurf représentent donc les débuts héroïques de la Conception Assistée par Ordinateur (CAO) dans l'hexagone. Ils marquent un tournant historique dans l’industrie automobile française : ce ne sont plus des carrossiers qui conçoivent une automobile, mais des dessinateurs (Source HAL / archivesouvertes.fr / Isabelle ASTIC).

Pour la petite histoire, Pierre Bézier est aussi co-inventeur des fameuses courbes de Bézier, bien connues des infographistes.



Un reportage photo, jusque dans les entrailles du patrimoine industriel français… Un voyage cutlurel et visuel passionnant à tout point de vue. Tout d'abord, il y a eu la découverte de la machine-outil, son aspect et son histoire. Et puis, il y a eu l'approche photographique à adopter, les choix techniques et le parti pris esthétique.



Comme vous le voyez, la Numasurf n'est pas en bon état, mais elle a le mérite d'être quasi complète.

C'est une pionnière qui porte les marques du temps qui s'est écoulé depuis sa retraite.

Sa patine lui donne un cachet certain, qu'il faut montrer, mais sans tomber dans l'effet urbex, il faut rester descriptif, presque documentaire.



Photographier en équilibre entre steampunk, The Walking Dead et Arte 360° GEO.

Pour un tel reportage, je dois donc choisir mon matériel photo et mes réglages avec soin. Je dois aussi adopter une posture de photographe qui répond à un cahier des charges… La photographie industrielle étant une de mes activités principales - et favorites, je suis habitué à ce type de commande. Mais la comparaison avec un reportage photo en industrie s'arrête là. Ici, c'est de patrimoine dont il est question. Hors, l'âge de la Numasurf, son design et son état de conservation stimulent l'imagination... Attention donc à ne pas se laisser déborder par l'inspiration. Je dois apporter une touche personnelle sans partir dans un délire visuel total, montrer de façon belle et documentaire pour susciter le plaisir de regarder et la curiosité de savoir.



L'ensemble du reportage a été réalisé avec deux boîtiers Nikon, un Z6 et un D500, quatre flashs de studio Metz BL400 et trois flashs cobra Nikon (SB900 et SB800).

Travailler l'intégralité du reportage avec un apport de lumière artificielle me permet de maintenir une unité dans l'ensemble de la série photographie, d'une part ; mais aussi de révéler, voir isoler certains détails d'autre part.



Les vues d'ensemble sont faites à l'aide de 2 à 4 flashs de studio, équipés de boîtes à lumière ou de parapluies translucides.



Les vues intérieures sont faites avec des flashs cobra (Nikon SB) munis de télécommandes, réglés manuellement et disposés dans la machine. Sans ajout d'éclairage extérieur, ils permettent de focaliser l'attention sur la partie éclairée - ce qui était une demande du client, d'où ce choix technique en réponse à la problématique "comment comprendre que tel élément est bien le sujet de l'image ?".

À mon humble avis, cette solution technique apporte également une dimension esthétique à certaines vues.


Toujours au chapitre technique, pour la photo de l'armoire électrique, j'ai fait plusieurs vues, toujours au flash, que j'ai ensuite assemblées en post-production afin de pouvoir voir l'armoire fermée et son intérieur sur une seule et même image.



Couvrir cette machine sous tous les angles, de façon documentaire, d'une part ; et artistique, d'autre part, en une seule journée a été un petit challenge technique et passionnant.

J'adresse un immense merci à Isabelle ASTIC, du CNAM / Musée des Arts et Métiers, pour m'avoir confié ce travail qui été une vraie aventure culturelle et photographique.



Si vous avez besoin de photographier une machine industrielle, un véhicule, un bâtiment, ou tout autre objet, de façon à la fois technique, documentaire et artistique, n'hésitez pas à me contacter. Je me ferai un plaisir de découvrir le sujet, je m'efforcerai de comprendre votre besoin et je vous faire une proposition sur mesure.


Texte et photographies par Thierry VINCENT