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La Formule 1 de chez PENTAX

Quand Pentax vient chatouiller les gammes pro Canon et Nikon… Avec un boîtier quatre fois moins cher. En 1992, celui qu’on pourrait qualifier de plus petit parmi les grands lance un nouvel appareil appelé Z-1. La fiche technique est digne d’un pro et la presse se lèche les babines.



Le Pentax Z-1 fut mon premier achat, on était en 92 et je venais de toucher la paie de mon premier job d'été. J'y ai pensé pendant des mois, j'en ai rêvé même.


Au cours des années 80 les technologies de mise au point automatique ont bien évoluées et en tant que pionnier en la matière, chez Pentax on est fier du système maison, baptisé SAFOX II (donc un dérivé du SAFOX premier du nom), qui équipe le Z-1. je ne vais pas rentrer dans une énumération de détails technique mais plutôt vous dire que le Pentax Z-1 est l’héritier du très original ME-F, rien moins que le premier reflex autofocus du monde. Certes, des objectifs autofocus existaient déjà à l’époque, notamment chez Canon, Ricoh et Chinon, mais le ME-F fut bel et bien le premier boitier reflex disposant de ce raffinement à être mis sur le marché. Bon, pour être tout à fait franc, les échos du temps jadis ne sont pas très très flatteurs quand à ses performances en matière de mise au point automatique, mais c’est une autre histoire. En 88, Pentax sort le Safox (aussi appelé SFX), déjà beaucoup plus évolué et dont le design préfigure d’emblée la décennie à venir. Autant dire qu’au tournant des années 90, Pentax sait non seulement faire des appareils photos, mais en plus, la marque dispose d’une solide expérience en technologie autofocus, un sacré argument en pleine période de course à l’armement et avec une concurrence qui s’appelle Minolta 9xi, Nikon F4 et F801s, ou encore Canon EOS-1 / EOS-5… Avec le Z-1, Pentax vient donc coiffer sa gamme reflex autofocus de troisième génération. Le nouveau venu se place directement devant les Z50, Z20 et Z10.



Clairement, dans le paysage industrio-photographique japonais, Pentax est le petit poucet, l’outsider. C’est une marque au positionnement plus proche de Olympus ou à la rigueur de Minolta et qui ne peut rivaliser avec les positionnements pro des géants Canon et Nikon. Mais Pentax n’a jamais été une marque au rabais, au contraire, elle a toujours eu l’affection des amateurs-experts et des étudiants en photographie. Pentax a toujours été un acteur de premier plan sur les fronts du rapport qualité / prix et de l’innovation technologique… Mais n’a jamais vraiment réussi à percer chez les pro. Alors, en 1992, les ingénieurs de la petite marque décident de faire la démonstration de leurs compétences. Le résultat est un boîtier aux performances dignes des meilleurs. Le 1/8000 de seconde est atteint et la synchro flash passe au 1/250. L’autofocus prédictif est rapide et efficace et l’appareil est capable de rafales de 3 vues / seconde - ce qui n’a rien de très exceptionnel mais n’est pas si mal pour un boîtier de ce niveau de prix). Et surtout, là où Pentax fait fort, c’est dans le design et l’ergonomie de son vaisseau amiral. une fois les réglages peaufinés (et la notice assimilée…), plus besoin de décoller l’œil du viseur. L’engin se pilote collé au visage, le pouce sur la molette postérieure et l’index sur celle de façade ou sur le déclencheur. Les modes sont simples et bien pensés. tout-auto (P), Priorité vitesse (Tv), ouverture (Av), manuel (HyM) et surtout le fameux mode Hyper Program (HyP) / décalage de programme : ajustez un paramètre, vitesse ou ouverture, l’appareil gère le reste… Un grand classique aujourd’hui, un raffinement en 1992. Ajoutez à cela des fonctions personnalisables au kilomètre, on peut par exemple demander à l’appareil de rembobiner le film en laissant l’amorce dépasser - ce qui est très pratique pour passer du N&B à la couleur et revenir à la couleur - bon, il faut penser à noter le nombre de vues faites sur le premier film et déclencher autant de vues dans le vide quand on le recharge dans le boîtier, c’est pas encore aussi souple que le numérique mais il y a déjà de l’idée. Enfin, l’appareil est d’une prise en main véritablement agréable (surtout avec son trip additionnel), son poids est quasi idéal, le viseur est fabuleux de clarté et de précision, tout comme la cellule. Bref, le Pentax Z-1 est une bête de technologie qui n’a rien à envier à ses concurrents.


Le Z-1 est une bombe, une Formule 1 de la photo argentique. Il fut d’ailleurs élu Camera of the Year 1992 par le Camera Press Club of Japan. Pourtant il n’a pas réussi à ouvrir les porte du monde professionnel à Pentax, certainement à cause d’une gamme optique trop axée amateur. il y avait d’excellentes focales fixes mais les zooms étaient trop cheap, pas assez élitistes - on les appelait Powerzoom, la bague de variation disposait de deux positions, une manuelle et une électrique (le zoom était alors alimenté par le boîtier, l’idée était bonne mais c’était plutôt peu précis et gourmand en énergie). Et puis il y avait le problème de l’alimentation : une pile 2CR5 et rien d’autre, pas de grip avec option batterie ou piles AA. Enfin, sa cadence de prise de vue limitée lui fermait d’emblée les portes des pro de la photo sportive. Bref, les Pentax Z-1 et son évolution Z-1P (cellule un peu meilleure dans les hautes lumières, rafale à 4 vues / seconde et mode panoramique) étaient d’excellents boîtiers mais il n’ont jamais vraiment pu ouvrir leurs ailes du fait d’une gamme de produits complémentaire (objectifs, grip, etc.) trop restreinte et pas à la hauteur. Dommage car l’engin est plutôt robuste et aujourd’hui encore, nombre de Z1 de la première heure sont encore tout à fait fonctionnels. Ajoutez à ça un prix au raz des pâquerettes (quelques dizaines d’Euros, une centaine tout au plus). Alors si vous aimez les appareils alternatifs, si vous êtes amateur de technologie et de performance, et enfin si vous appréciez les sensations de prise de vue, le Pentax Z-1 est le youngtimer qui manque à votre collection. D’autant que, détail non négligeable, sa baillonette K-AF2 le rend compatible avec l’ensemble des objectifs disponibles en monture K (donc tous les SMC M et A, FA, etc.). À chiner d’urgence, donc ; et si possible avec objectif FA focale fixe.



Th/V


Fiche technique


Fabricant

PENTAX


Produit de 1992 à 1994 (Z-1) et de 1995 à 2000 (Z-1P)


Type

Reflex 24x36 autofocus


Cellule

SPD 8 segments / centrale pondérée ou spot


Fonctionnement

Mode P

Mode Av

Mode Tv

Mode M

Mode HyP


Gamme de sensibilité

6 - 6400 ASA / manuel ou 25 - 5000 ASA / film DX


Obturateur

1/30s - 1/8000s et B (synchro flash 1/250)


Dimensions

152 x 95,5 x 74 mm


Poids

650g


Alimentation

Pile(s) 1 x 2CR5 (6V lithium)

Contact

Thierry VINCENT

Photographe  Auteur  Réalisateur  Formateur

07 52 06 73 42

 

contact@thierryvincent.com

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